Comme dans un conte de fée

Connie Jungo, Association Suisse Osteogenesis Imperfecta (ASOI), Newsletter.


Il était une fois une PME qui s’appelait Allper AG. Depuis sa création en 1987, cette entreprise se développe à merveille. Sa principale activité est la vente de solutions ciblées dans le domaine de l’injection d’aluminium sous pression (pistons, systèmes sous-vide, lubrifiants, etc.). Les clients proviennent surtout de l’industrie automobile et compte environ 17 collaborateurs (-trices) au siège principal de Düdingen, parmi lesquels figure mon humble personne depuis 2005. A l’époque, Allper cherchait une secrétaire de vente/marketing à 50 %. Je revenais d’un voyage de deux mois (Floride, Mexique), je savais qu’à cause de mes problèmes de santé je ne pouvais pas travailler à plus de 50 %. J’ai donc posé ma candidature, et l’on m’a rapidement convoquée pour une entrevue. L’échange d’informations tant sur l’entreprise (genre de travail) que sur ma personne (mes expériences) s’est bien déroulée. Dès le début, j’ai parlé très ouvertement de mes problèmes de santé, sans rien leur cacher. Donc, mes supérieurs potentiels étaient au courant, et savaient que je souffre d’ostéogenèse imparfaite. Ils savaient même que je risquais à tout moment une opération ou une fracture. Malgré cela, et peut-être même à cause de cela, cette entreprise m’a engagée. Elle m’a donné ma première chance, et personne ne se doutait que d’autres suivraient. Le travail et l’atmosphère m’ont plu immédiatement; le petit trajet pour me rendre au travail me convenait également. Des mois se sont ainsi écoulés sans événement particulier.



Pourtant, en octobre 2005, mes douleurs à la cuisse, dues à une fissure de l’os et à une pseudo-arthrose, ont augmenté. La radiographie ne montrait rien de positif. La fissure ne voulait simplement pas guérir. Tout indiquait que je n’échapperais pas à une opération.
J’ai donc été absente en octobre et novembre, puis de janvier à mars 2006. Pendant ce temps, Allper a engagé une remplaçante. Chacune, chacun à fait une première expérience avec les assurances. L’assurance maladie refusait de me verser mon indemnité journalière, qui correspond à 80 % de mon salaire, puisque Allper, lorsqu’elle m’a engagée, était au courant de ma maladie. De plus, elle était visible. Incroyable, non? Tout le monde parle d’intégration des handicapés, puis les assurances refusent de prendre en charge les frais qui en découlent! C’est à n’y rien comprendre. Allper, qui est une petite entreprise, a donc dû verser deux salaires pendant mon absence (le mien et celui de la remplaçante) sans aucun remboursement de la part de l’assurance.



Ni la cheffe du personnel, ni mon directeur n’ont exercé une quelconque pression sur moi, malgré l’importante charge financière. Ils m’ont laissée suffisamment de temps pour me remettre. Ils ont insisté pour me dire que je ne devais me faire aucun souci pour mon poste de travail. On me donnait une seconde chance. J’ai repris mon activité en avril 2006, tout semblait en bonne voie, bien que mes douleurs persistent. Et la fissure osseuse ne guérissait toujours pas, malgré l’opération. On sait bien : l’espoir meurt en dernier. Mon travail est varié, il m’intéresse. Je travaille beaucoup avec l’étranger, notamment avec les clients étrangers, car Allper a des représentations partout dans le monde, par des agents et des concessionnaires. Je travaille surtout dans le domaine de l’offre, du marketing et du suivi des clients du monde entier. Une activité intéressante, internationale et très variée.



Quelle a été la suite? On m’a opérée d’urgence en novembre 2006 car le clou inséré dans la cuisse s’était cassé, et la fissure n’avait toujours pas guéri. J’ai dû m’absenter une nouvelle fois de novembre 2006 à mars 2007, mais ce n’était pas fini. 
Dès janvier 2008, on a dû me réopérer, car la plaque métallique dans la cuisse s’était cassée. Cette fois, j’ai passé un mois dans une clinique pour le traitement de la douleur, puis encore un mois dans un autre hôpital ce qui, en tout, représentait cinq mois d’absence. Cette détérioration de mon état de santé m’a obligée à réduire mon temps de travail de 50 à 30 %. Même là, malgré ces changements et malgré mon absence, Allper s’est montrée patiente et compréhensive. On me donnait une nouvelle chance. En mai 2008, j’ai enfin pu reprendre mon travail, où une petite surprise m’attendait. On m’avait installé un pupitre réglable, dont on peut modifier la hauteur. En fonction de mes douleurs, je peux travailler debout ou assise.



Je ne tiens pas à vous indiquer le nombre d’opérations que j’ai subies ces derniers temps, ou à vous parler de mon mauvais état de santé. Mon récit démontre surtout qu’il existe encore des employeurs qui ont du cœur, pour qui ce n’est pas l’argent seul qui importe mais l’être humain lui-même. Grâce au directeur, André Müller, et à la cheffe du personnel, Isabelle Blanchard, je continue de travailler pour l’entreprise Allper, bien que j’aie été plus souvent absente que présente, et que mon salaire n’ait pas été remboursé par l’assurance maladie. Allper est une entreprise familiale, qui ne dispose certes pas de milliards, mais qui mérite d’autant plus que je vous présente son attitude, remarquable, envers moi.


Pour davantage d’informations : www.allper.com

Download : Comme dans un conte de fée1.pdf

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