Dix ans de contribution d’assistance de l’AI

La contribution d’assistance est le fruit d’une lutte sociale, de la volonté des personnes en situation de handicap de vivre en autonomie chez soi, hors du cadre institutionnel. Dix ans de contribution d’assistance ont mis en lumière les aspects positifs et les défis que cette prestation comporte. Grâce à la contribution d’assistance, les personnes en situation de handicap peuvent choisir elles-mêmes comment elles souhaitent vivre et avec qui. Pourtant, la liste des difficultés qui gravitent autour de cette prestation de l’AI est longue, en particulier la charge administrative est trop lourde et le modèle de l’employeur, qui comporte beaucoup d’avantages, a besoin de simplifications ou d’alternatives. 



Vivre avec assistance : Nadja et Hanna


Conférence : Dix ans de contribution d’assistance de l’AI

Le 18 mai, Pro Infirmis a organisé à Berne une conférence pour marquer le dixième anniversaire de la contribution d’assistance. Quelque 140 personnes – bénéficiaires de la contribution d’assistance, proches, spécialistes, représentantes et représentants d’organisations, parlementaires – ont fait le point et travaillé ensemble pour définir des perspectives d’avenir.

La conférence, organisée par Pro Infirmis, a montré que la contribution d’assistance est un outil important pour l’autodétermination des personnes en situation de handicap. Mais elle a aussi montré que cet outil doit être amélioré.

Photos de la conférence

Fabiana Gervasoni (en fauteuil roulant) donne une conférence devant un public
Fabiana Gervasoni, Présidente du comité cantonal de Pro Infirmis Argovie-Soleure
Fabiana Gervasoni donne une conférence devant un public
Roland Gossweiler, Délégué à la politique sociale et à la défense des intérêts du comité du « Schweizerischer Blindenbund »
Plusieurs personnes dans une conversation devant un public
Un entretien sur les défis au niveau parlementaire avec Christian Lohr, Conseiller national Le Centre (TG), Barbara Gysi, Conseillère nationale PS (SG), Marina Carobbio Guscetti, Conseillère aux Etats PS (TI)
Stephanie Mukoyi (en fauteuil roulant) et son assistante font un exposé devant le public
Stéphanie Mukoyi, bénéficiaire de la contribution d’assistance et maman.
Plusieurs personnes dans une conversation devant un public
Rable ronde : Vie à domicile et engagement de personnel privé : quel statut pour l’assistant personnel ?
Une femme avec une longue canne blanche et une femme en fauteuil roulant discutent.
Rencontres lors de la conférence.
Deux femmes en fauteuil roulant discutent.
Rencontres lors de la conférence.

Déclarations des participants à la conférence sur la contribution d'assistance

Fabiana Gervasoni

Beaucoup de personnes en situation de handicap ont vécu dans des structures établies, telles que la famille ou des institutions, où de nombreuses décisions étaient prises à leur place. Quand elles souhaitent mener une vie autonome en recourant à une assistance, ces personnes sont soudainement confrontées à des défis colossaux. Pour qu’elles puissent profiter pleinement de la contribution d’assistance – instrument très efficace – la possibilité doit leur avoir été donnée d’acquérir tôt les compétences de décision nécessaires. L’acquisition de ces compétences devrait donc faire partie aussi bien de l'enseignement intégratif que spécialisé. Durant leur scolarité, les enfants en situation de handicap devraient pouvoir déjà disposer d’une assistance, afin qu’ils y aient été habitués au plus tôt.

« Pour que les personnes en situation de handicap puissent profiter pleinement de la contribution d’assistance, la possibilité doit leur avoir été donnée d’acquérir tôt les compétences de décision nécessaires. »

Fabiana Gervasoni, avocate, présidente du comité cantonal de Pro Infirmis Argovie-Soleure

Simone Leuenberger

L’introduction de la contribution d’assistance il y a 10 ans a constitué un réel progrès pour l’autonomie des personnes en situation de handicap. Cela reste aujourd’hui un acquis important, bien que certaines lacunes se soient révélées lors de la mise en œuvre. La contribution d’assistance n’est pas accordée à toutes les personnes qui ont besoin d’une aide pour mener une vie autonome. Par ailleurs, les prestations sont plafonnées. Trop peu ont pris conscience que la contribution d’assistance n’est pas une service particulier, mais qu’elle répond à un besoin ordinaire des personnes en situation de handicap : mener une vie autonome, comme tout le monde. La Confédération, mais aussi les cantons, sont appelés à initier des changements. La société, la politique et les autorités doivent s’engager pour aplanir les obstacles sur le chemin de l’autodétermination.

« La société, la politique et les autorités doivent s’engager pour aplanir les obstacles sur le chemin de l’autodétermination. »

Simone Leuenberger, collaboratrice scientifique chez AGILE.CH et directrice de InVIEdual

Nadja Schmid

La contribution d’assistance est parfaite en théorie, mais en pratique le bât blesse. La personne qui reçoit cette contribution est tout à coup confrontée à de nombreux défis. Les autorités accordent bien de l’argent, mais n’offrent aucun accompagnement. Nous avons besoin d’un groupement d’auto-représentant·e·s, qui pourrait offrir cet accompagnement et mettrait à disposition son savoir en matière de recrutement, de gestion des conflits, de conduite de personnel, etc. Pour l’instant, ce soutien est offert par des particuliers, ce qui n’est malheureusement pas suffisant en regard du nombre de personnes recourant aujourd’hui à une assistance. Il n’est pas tolérable que des personnes voient leur autodétermination restreinte à cause des formalités liées à l’engagement d’assistants et du sentiment d’être seules face aux difficultés.

« Nous avons besoin d’une groupement d’auto-représentant·e·s, qui offre son aide aux personnes devant vivre avec une assistance. »

Nadja Schmid, employeuse de 13 assistantes et assistants, conseillère en vie avec assistance personnelle

Frédéric Widmer et Maryka Lâamir

Les buts premiers de la contribution d’assistance sont d’encourager l’autonomie, d’améliorer l’intégration sociale et de soulager les proches. Ces buts ont été atteints. Un sondage effectué entre 2012 et 2017 auprès de personnes recourant à la contribution d’assistance a montré que 69% des proches étaient soulagés par cette dernière. Cependant, un potentiel d’amélioration existe : plusieurs aspects laissant à désirer ont été mentionnés. Les améliorations souhaitables sont entre autres la diminution de la charge administrative, l’extension du besoin d’aide reconnu, un guide explicatif pour aider dans les débuts et la possibilité d’engager un membre de la famille.

« Les buts premiers de la contribution d’assistance – encourager l’autonomie, améliorer l’intégration sociale et soulager les proches – ont été atteints. Cependant, un potentiel d’amélioration existe. »

Maryka Laamir, responsable de l’allocation pour impotent et de la contribution d’assistance à l’OFAS & Frédéric Widmer, responsable de projet, service Recherche et évaluation, OFAS
monter